Contact : Turn on JavaScript!
Site : http://www.omrmusic.com/
Formé de Virginie Krupa et Alexandre Brovelli, OMR est un duo parfait : deux âmes qui mêlent leurs forces et doutes, fulgurances et angoisses en un corps unique, en cette musique dont ils partagent la conception, à parfaite égalité. Une concorde artistique absolue ; de ces jonctions magiques et inexplicables qui se font entre ciboulots branchés sur les mêmes ondes infimes, connectés aux mêmes sphères spirituelles. Deux individus, aux parcours distincts mais réunis par un désir commun d’émotions puissantes. Celles qui nouent les tripes, retranscrites et cristallisées dans le son et les compositions originels du duo, dans son électronique délicate, où de robustes mélodies imposaient un règne fragile à une république de machines, où la voix de Virginie constituait un très charnel contrepoint à leurs petites expérimentations sur circuits imprimés. Une union miraculeuse : dès ses premiers pas dans le domaine public, dès l’envoi de l’emblématique The Way We Have Chosen aux Inrockuptibles pour le concours CQFD, les cœurs se renversent. Confirmation rapide de la brillance de cette étoile naissante, l’excellent producteur allemand Mario Thaler (The Notwist, Lali Puna, Ms. John Soda…), accepte de produire leur premier album, l’impeccable Side Effects, éclos au printemps 2004. Le sorcier et grandiose électronicien Prefuse 73, les excellents Console, DJ Vadim ou Abstrakt Keal Agram voient en eux une digne descendance et acceptent de les remixer : rarissime pour une si jeune formation, a fortiori pour une si jeune formation française.
Les oracles étaient ainsi favorables à une accélération du cours des choses. Loué par la critique pour Side Effects, OMR découvre les joies et vertus de la tournée, les exigences du live, notamment aux côtés de parrains de choix excellant dans l’effort scénique, les Californiens Grandaddy. Et plutôt que de se planquer derrière leurs machines, solution trop facile, trop évidente, source d’ennui et facteur de frigidité, Virginie et Alex s’entourent de musiciens : manière d’insuffler la vie à leurs morceaux, de les humaniser, de hausser le ton et la température. Dans le même temps, un temps record donc, ils participent à un cinémix, composant une bande-son fantasmatique pour un classique de cinéphile, La Charrette Fantôme de Victor Sjöstrom, poursuivent dans la veine imagée en mettant en son un court métrage d’animation réalisé par Mat et Spon, responsables du clip de The Way We Have Chosen, et débutent, enfin, la gestation de leur second album. Très actif, le duo est donc pris dans un tourbillon créatif, une exigence d’efficacité et une urgence de vie qui marqueront de leur belle emprunte le son de Superheroes Crash, deuxième album esquissé à la volée, en quelques mois à peine. « Plus qu’un album, Side Effects était un catalogue de morceaux écrits sur une longue période, certains étaient vieux de plus de trois ans, explique Alex. Superheroes Crash, en revanche, a été fait dans l’urgence, avec une idée en tête, un état d’esprit particulier, une envie d’unité. Nous ne voulions surtout pas refaire la même chose, nous enfermer, retomber dans l’électro pure. Nous avions envie que ce soit plus humain et organique, moins chirurgical et plus spontané. Les accidents forment aussi l’émotion.»
Pourtant toujours primordiale, la machine n’est donc plus, sur Superheroes Crash, le cœur de toute chose. Utilisée comme un simple outil, elle n’est qu’un facteur de minutie et de perfection mécanique, que contrebalance la grâce délicate des fragilités humaines, que prennent d’assaut les chairs bouillonnantes d’Alex, de Virginie et de leurs musiciens, Thomas Dupuis à la batterie et Louis Pouvelle à la basse. Mario Thaler, qui avait inventé sur l’increvable Neon Golden de The Notwist ou sur les albums de Lali Puna l’équilibre parfait entre rigueurs électroniques et rondeurs pop, est plus que jamais leur homme, et produit à nouveau l’album, enregistré en groupe dans son studio de campagne bavaroise. Il comprend exactement, à la première écoute des premières maquettes, qu’OMR a encore développé son aptitude à investir ce domaine rare où corps et machines cohabitent en paix, où les rectitudes logicielles et les mystérieuses circonvolutions de l’âme fusionnent leurs beautés propres. Signe de cette envie de faire coïncider permanences humaines et fantasmes d’avenir, les orgues de l’album ont été enregistrés dans l’air mystique et le cadre majestueux de l’Eglise abbatiale de Saint-Michel-en-Thiérarche, sur un instrument fondu au 18ème siècle ; l’un des plus vieux d’Europe. Superheroes Crash est ainsi la première petite révolution du duo. Portant la belle marque mélancolique d’Alex et Virginie, à la fois sensuel et carré, plus humain que son prédécesseur, il développe sa beauté troublante dans de grands espaces sonores. Composés avec une impressionnante maturité et un sens mélodique toujours aussi solide, les morceaux prennent ainsi le temps de respirer, s’autorisent les digressions, installent dans la durée leurs atmosphères spatiales et entêtantes, engluent les esprits dans de longs et complexes arabesques instrumentaux. Ils forment, peu à peu, d’impressionnants univers graphiques ; leur grande prouesse est de permettre à chacun, selon sa psychologie et son humeur de l’instant, de former à leur écoute son propre film, de leur offrir ses propres couleurs.
| Date | Ville | Salle / festival | ||
|---|---|---|---|---|
| OMR |