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Site : http://www.dariamusic.net
Au delà de la musique (on y reviendra), l’objet présentement envoyé véhicule une certaine préciosité d’investissement. En matière de rock, rares sont les jeunots à autant se casser la tête afin d’accoucher d’un premier jet aussi techniquement abouti. Pour Daria, lorsque Iain Burgess dévoila ses intentions de couver l’oiseau rare, l’affaire était entendue : le volontarisme trouvait enfin son écrin nécessaire à un développement cohérent. La prise en main fut pourtant difficile. Après une centaine de concerts, une tournée avec La Ruda, un passage remarqué Irlande et un saut en Espagne, après cette première partie avec The Libertines, après avoir brûlé la scène des Printemps de Bourges, il fallut pratiquement reprendre tout à zéro; car si la ville natale de Daria lui assure une confiance inaltérable, nombreuses étaient pourtant les critiques qui fusaient au sujet d’une candeur certes constructive, mais nullement représentative de la véritable éthique de la bande des quatre. Avec Iain Burgess (qui est à l’origine de savoirs cruciaux et reconnus comme celui de Steve Albini), le début de l’histoire prend forme ! Daria sortait les guitares et amplis vintage (Orange, Hiwatt, Vox), changeait de batteur (en incorporant un expatrier des défunts Carc(h)arias), puis s’enfermait au final pendant près de deux mois au studio BlackBox à l’été 2005, avant que la galette ne s’envole pour Los Angeles, au studio Marcussen pour un mastering placé sous la direction de Louie Teran en Mai dernier.
Naquit ainsi « Silencer » : treize titres incandescents, marqués au fer rouge par l’empreinte d’une certaine idée du rock. Massif, sec, intransigeant. Ici, pas de liaisons standardisées en direction de l’électronique, ni d’une quelconque bouillie informe histoire de faire original. Daria, c’est un moteur bien huilé lancé à grand vitesse, un huit cylindres en V rompu à l’asphalte. Après deux maxis plus prometteurs qu’anecdotiques, ce premier album représente, en quelque sorte, la mise en orbite d’une étoile que nous voulons naissante. Une flèche aiguisée qui fait la jonction entre une musicalité issue des grands frères Shellac, Big Black, The Jesus Lizard, voire Les Thugs (normal, Camille, Etienne, Germain et Arnaud sont originaires d’Angers) et une certaine faculté à regarder de l’avant, notamment dans le giron de Weezer, de Foo Fighters ou encore de Rival School. Du rythme à en crever, du lyrisme à en pleurer. De toute façon, depuis le début, Daria plaît, entre autre, pour ses mélodies à fleur de peau. Mais on le voit aujourd’hui, les compositions du groupe glissent inexorablement vers l’âpreté électrique. Et si la responsabilité créative demeure toujours urgente, on sait très bien que rien ne sert de courir.
Pourtant, pour Daria, l’heure a sonné de cultiver la véracité de son arc électrique. Quitte à se remettre en question, autant changer encore de sonorisateur. Le duo Burgess/Odlum pour le travail studio; Cali pour la façade. Daria veut maintenant bouffer du bitume. L’industrie du disque a encore le temps de se pencher sur ces intenables garçons. En toute intelligence, Daria ne refusera d’ailleurs jamais le secours de la cavalerie. Pour le moment, nombreux ont été les retours positifs, la vieille école parle, la sincérité paie ! Une nouvelle tournée a été formatée avec La Ruda (quand on aime, on ne compte pas). D’autres concerts sont encore à venir pour la fin d’année, et le début 2007. Inutile de paniquer : l’entrée de Daria dans le giron de 3C lui offre d’ores de déjà de conséquentes perspectives.
En attendant, moi, je vendrais bien ma chemise pour Anonymous , The Wrong Chorus, El Burino, The Great Men of The Past ou encore Ecoutez la chanson bien douce (des rockeurs reprenant, façon Sloy, un classique de Paul Verlaine, vous y croyez ?). «Silencer» regorge bien entendu de beaucoup d’autres surprises. La formule est galvaudée, mais elle trouve tout son sens avec Daria. Nullement linéaire, ce premier album est le reflet d’un panel instrumental au spectre très ample. Tout le monde s’y retrouve. Le distributeur Codaex ne s’y est d’ailleurs pas trompé en incorporant les Angevins dans son catalogue depuis Juin. Et l’on n’a sûrement pas encore tout entendu. Oui, une belle histoire est en marche…
Par R. Dal Darco
| Date | Ville | Salle / festival | ||
|---|---|---|---|---|
| Daria |