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Nouvel album "Dance of the Nerve", sortie le 24 Septembre chez Vicious Circle.
Avec la régularité d’une comète reviennent les bordelais CALC et leur nouvel album. Depuis 10 ans maintenant, le quintet devenu quartet s’applique à jouer une pop vaporeuse, atmosphérique et précieuse dont la richesse et la volupté ont toujours étonné. Malgré, ou grâce à d’énigmatiques pochettes (et leur nouvel album n’y échappe pas), les albums de CALC ont depuis toujours recelé d’innombrables secrets et mystères qui font de lui un groupe à part. 10 ans tout rond que Julien Pras est sorti de sa chambre pour mettre en musique ses démons et ses aspirations, ce sixième album, Dance of the Nerve qui sort aujourd’hui sur Vicious Circle, prouve que sa sensibilité n’a pas pris une ride.
Que de chemin parcouru depuis ces timides démos enregistrées sur 4 pistes à Bordeaux et remarquées par un label de Chambéry ! Pour ses premiers pas discographiques Julien s’entoure d’amis sûrs, qui au fil des ans feront de CALC un groupe solide et soudé, malgré de nombreux projets parallèles (Pull, Adam Kesher, Aeroflot, Victory Hall…). A l’époque déjà, David Argellies (guitare), Hugo Berrouet (batterie), Mathieu Le Gall (claviers) et David Lespès (guitare/basse et divers autres), échangent instruments et idées autour d’une pop tiraillée entre la mode noisy des années 90 et une inspiration plus délicate. Les deux premiers albums, Something Sweet et Great Fun, témoignent de cette ambivalence qui cache mal le concentré d’émotions et de douceur des chansons de Julien.
Les années 2000 marquent le début de la collaboration entre les Bordelais et le label Vicious Circle. Mais c’est en Belgique qu’ils sortiront de leur chrysalide grâce au talent de producteur de Rudy Coclet (Sharko, Experience, Arno…). Et de fait, l’album Any Downs at All qui sort en 2003 est une vraie révélation ! Il met en lumière l’équilibre fragile entre pop anglaise et folk américain, guitares acoustiques et claviers lumineux, ritournelles mélancoliques et refrains pleins d’espoirs qui vont devenir la griffe de CALC. C’est aussi la première fois que Julien ose pousser sa voix, claire, habitée, émouvante comme celle de Elliott Smith auquel on ne cessera de penser dès lors.
Loin de se laisser étouffer par cette comparaison flatteuse mais réductrice, CALC continue son petit bonhomme de chemin dans un paysage français qui boude la perfection anglo-saxonne lorsqu’elle n’est pas d’origine. Qu’importe, le groupe enfonce le clou en 2005 avec Twelve Steps to Whatever, un album chargé d’émotions plus troubles, très nettement influencé par le psychédélisme des années 60. On imagine Robert Wyatt se penchant sur le berceau de Julien pour lui transmettre ce sens de la mélodie qui tutoie les anges avec une voix à l’avenant.
Avec Dance of the Nerve, CALC poursuit encore et toujours son chemin. De moins en moins anglais, de plus en plus US. Au gré de leurs multiples concerts, ils croisent et recroisent le groupe Tahiti 80, stars au Japon et fans depuis toujours de CALC. De quelques soirées communes, l’amitié se lie entre les 2 groupes et une envie de jouer et enregistrer ensemble nait ! Le groupe s’est enfin trouvé un camarade de jeu français (mais anglo-saxon de coeur). C’est donc dans le studio de Tahiti 80 que CALC enregistre ce nouvel album Dance of the Nerve, confiant à Xavier Boyer à la production, Pedro Ressende aux enregistrements et avec la participation des autres membres du groupe tel Sylvain Marchand, la lourde tache d’ouvrir les fenêtres pour laisser entrer le soleil dans l’univers un peu trop mélancolique du groupe. Julien Pras, l’orfèvre de CALC, le chef d’orchestre, le géniteur, le perfectionniste maladif, va laisser un autre que lui le diriger, l’enregistrer, le produire... Le bousculer ? Ni plus folk, ni moins pop que ses prédécesseurs, Dance of the Nerve se singularise par un rythme beaucoup plus enlevé, des guitares électriques aux sonorités 70’s et surtout un son plus clair. Chaque chanson bénéficie d’arrangements personnalisés (mellotron, flûtes, piano, orgue, balais…) pour mieux rendre justice à une qualité d’écriture largement au-dessus de la moyenne. Bien qu’on n’échappe pas aux traditionnels choeurs en nappes, la voix de Julien prend à plusieurs moments son envol, portée par une guitare acoustique vive, voire vivante.
Mission accomplie donc pour le Tahiti Boy. Le travail de Xavier Boyer est là : ouvrir l’espace, libérer l’extrême modestie qui, depuis toujours, accompagne CALC, donner à ce groupe plus de force tout en n’altérant pas le formidable barnum pop qui s’agite dans la tête de Julien Pras.
Cathimini
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